Florent RADDAS : « Le développement de Mayotte passe essentiellement par le tourisme : Mais à quelles conditions ? »

Article de Emmanuel Tusevo Publié le 21 août 2016


 

Florent RADDAS,Chargé de Développement Touristique chez MCG,Mayotte Channel Gateway S.A.S,société ayant obtenu la DSP, la délégation du service public, du port de Longoni au nord de l’île, estime que le développement de ce port constitue un atout considérable pour l’essor du tourisme à Mayotte.

Celui-ci a ajouté que le développement de Mayotte, d’une manière générale, passe essentiellement par le tourisme. sous différentes conditions. Il souligne certaines conditions à remplir pour atteindre ces objectifs.


 

Des nouveaux métiers pour les jeunestourismeraiz

Il cite, à cet effet, les différentes infrastructures à promouvoir autour du port, à savoir une halle artisanale, un hall d’accueil pour les paquebots, un peaching avec un ponton qui pourrait permettre d’accueillir des croisiéristes directement sur la partie tertiaire du port.
Il précise qu’actuellement, le secteur touristique fonctionne avec quelques structures nautiques et terrestres mais que Mayotte gagnerait à promouvoir de nouveaux métiers qui offriraient des débouchés aux nombreux jeunes diplômés en mal d’emplois.

” On parle souvent de la culture et des traditions. Des jeunes revenant de France avec des niveaux Bac + 2, + 3, + 4, +5, des licences et des masters et ayant compris que leur avenir n’est pas garanti forcément en métropole ou à l’étranger mais dans leur pays
natal, pourraient être des traducteurs en français et

en shimaoré (langue locale) et s’intégrer progressivement dans les entreprises locales.”, a expliqué Florent RADDAS.

Il a souligné que MCG à qui est confié la DSP du port pour 15 ans fait confiance à un bon nombre de Mahorais pour promouvoir le tourisme également autour d’un schéma de randonnées autour des palétuviers, des bananeraies et les jeunes peuvent ainsi se spécialiser en écotourisme en tant que éco guides.


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Multiplier le panel linguistique des chargés d’ accueil

A l évocation des nombreux croisiéristes allemands qui font escalent à Mayotte et qui ne trouvent pas d’interprètes ou traducteurs ” allemands- shimaorés”, Florent RADDAS admet qu’il y a, non pas un problème, mais une certaine méconnaissance du contexte
local.

« On oublie que nos diplômés Mahorais de niveaux Bac + 3, + 4, ont appris en 1 ère et 2ème langue l’anglais, l’espagnol, l’allemand, le chinois, le russe et le shimaoré pourrait être considéré comme une langue régionale à l’instar du créole ou du catalan ou du basque ou du breton? Ca serait un plus. »souligne – t – il.

« La base serait le français, l’anglais, le shimaoré, le shibushi (une autre langue locale issue du malgache) et pourquoi ne pas explorer d’autres pistes et d’autres possibilités puisque aujourd’hui, on voit bien que les populations qui bougent beaucoup, en terme de tourisme, sont les chinois et les russes. Il va donc falloir que nos jeunes diplômés mahorais ou même toutes les personnes qui vivent ici et qui aspirent travailler dans le tourisme multiplient leur panel linguistique. », ajoute – t-il encore.


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Du tourisme de proximité tout en gardant nos traditions et notre valeur ajoutée propre à Mayotte

Florent RADDA S réfute les termes blocages, freins, pesanteurs qui pèseraient sur l’expansion du tourisme à Mayotte. Il leur préfère l’expression ralentissement puisque, selon lui, les observateurs se basent sur les chiffres des départements et des régions alentours de Mayotte.
Il reconnaît que tout en faisant partie des îles Vanilles (Maurice, Réunion, Madagascar, Seychelles), Mayotte se retrouve aujourd’hui en avant dernière ou en dernière position. Pour lui, Mayotte doit adapter son tourisme à ses réalités et ses particularités pour ne pas dire ses spécificités propres.

” Gardons un tourisme local, un tourisme vrai qui consiste à faire découvrir nos traditions. Il ne faut pas essayer de plagier les autres îles, nous avons un bon nombre de caractéristiques qui font que Mayotte a sa propre identité, que Mayotte est Mayotte : le lagon, la barge, les brochettis, les minzizani (masques de beauté des femmes mahoraises), les manzaraka (cérémonies festives des mariages), pirogue traditionnelle, les voulés (pick niques au bord de la mer), les merengues… Essayons de vendre Mayotte avec des hébergements de petites capacités ou lorsqu’on viendra dans un gîte ou dans une maison d’hôtes, on sera accueilli comme si on était chez soi à la maison.”

Florent RADDAS rappelle qu’aux Antilles dont la Guadeloupe où il est né, le tourisme de masse a progressivement disparu. Aujourd’hui, les hôtels de grades capacités sont de moin en moins nombreux, à part quelques gros groupes, ce qui fonctionne, ce sont des petites structures avec 4, 5 ou 10 bungalows et il pense que c’est ce qu’il faut adopter à Mayotte.


 

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Obstacles à la promotion du tourisme à Mayotte : Les coûts des transports aériens

Florent RADDAS reconnaît que les coûts élevés des prestations aériennes dus au monopol des deux compagnies Air Austral et Corsair handicapent l’essor touristique de l’île.

” Aujourd’hui, ce qu’il faut pour Mayotte, c’est une vraie concurrence en faisant venir d’autre transporteurs aériens qui feraient bouger les lignes. Aujourd’hui, on vient principalement à Mayotte parce qu’on connaît des gens qui y habitent. C’est LE TOURISME AFFINITAIRE. On vient à Mayotte en deuxième ou troisième destination. On fait un combiné Réunion – Mayotte ou Réunion- Maurice – Mayotte ou Réunion – Seychelles- Mayotte. C’est vrai qu’on reste très peu de temps à Mayotte. On subit une politique financière capitaliste au bénéfice

de Corsair et Air Austral. Il faut progressivement faire venir d’autres compagnies aériennes car il ne faut pas s’y méprendre, on a un vrai pouvoir d’achat à Mayotte et les gens l’oublient un petit peu.”, souligne-t-il encore.

 


 

Sécurité et Insécurité

La sécurité ou l’insécurité est un problème sensible actuellement en ce qui concerne notamment le tourisme à Mayotte. Il revient, selon Florent RADDAS, à l’Etat (vu son pouvoir

régalien) de sécuriser les sites touristiques devenus inaccessibles du fait de l’insécurité, les plages isolées et d’autres bijoux touristiques : Le Mont Choungi, la plage de Dapani en petit terre… C’est dommage qu’ on soit réduit à sortir aujourd’hui en groupe de 10 personnes pas forcément armés mais en vigilance permanente.

 


 

Formations pour améliorer l’accueil des touristes

Un gros effort doit se poursuivre sur la propreté de l’environnement, insiste-t-il encore car pour lui, l’accueil est d’ abord visuel avant d’être verbal.

Il met l’accent sur la formation au niveau de différentes entreprises de professionnels du tourisme : les prestataires marins, les agents réceptifs.
” Il faut prendre des jeunes bacheliers pour les spécialiser sans négliger d’intégrer des jeunes en difficultés à qui il faut offrir une deuxième chance.”

 


 

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A DECOUVRIR : CIRCUITS TOURISTIQUES PORT DE LONGONI : MCG

http://www.mcg-mayotte.com/files/Flyer—Agence-receptive–juillet-2016.pd

A DECOUVRIR : CROISIERES MCG

http://www.mcg-mayotte.com/presentation.html